Le 21 février 1944, les nazis fusillaient un groupe de résistants, le groupe de Missak Manouchian, dans la clairière du Mont Valérien. "Vingt-trois étrangers et nos frères pourtant" écrit Aragon.

 

La France leur a rendu hommage hier, ainsi qu'à tous les acteurs de la Résistance.

Le texte fort et poignant d'Aragon continue d'être repris, pour ne pas oublier, jamais ...

 

Bernard Lavilliers :

 

HK et les saltimbanks :

 

Lecture d'Ariane Ascaride :

 

Cali :

 

 Vous n'aviez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tâche de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos "Morts pour la France"
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie Adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erévan.

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois, amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

 

 

 

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"L'affiche rouge" fut placardée sur les murs de Paris à de milliers d'exemplaires le 21 février 1944 afin d'assimiler les Résistants à de dangereux terroristes étrangers d'origine juive et commandés par l'étranger. Elle informe de l'exécution le jour même de 23 de ces terroristes dirigés par Missak Manouchian. Le texte d'Aragon est publié en 1956 sous le titre "Strophes pour se souvenir' et est inspiré de la dernière lettre de Manouchian à sa femme Mélinée avant son exécution. C'est en 1959 que Léo Ferré met en musique ce texte; il l'intègre dans son album "les chansons d'Aragon" sorti en 1961.