Ce qui est confortable avec un blog qui s'appelle "La Mémoire des Jours", c'est qu'on peut à loisir revenir en arrière. Et comme je n'ai toujours pas pris le temps de m'occuper de mes photos d'automne cette semaine, je reviens sur le week-end dernier qui est toujours bien présent dans ma mémoire.

 

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Samedi, nous étions déjà huit jours après les évènements de Paris. Et Jean-Claude Ameisen dans son émission du matin me confortait dans mon idée que, quelquesoit le souci, petit ou énorme problème personnel, problèmes de société, la méthode pour s'en sortir est bien toujours la même : ne pas rester la tête dans le guidon, prendre du recul et savoir regarder les faits sous des angles divers et variés. L'habituelle phrase qui commence l'émission tous les samedis, résonnait encore plus ce samedi 21 novembre, dans une émission que Jean-Claude Ameisen avait choisi d'intituler "Liberté Egalité Fraternité"  :

"Se tenir sur les épaules des géants et voir plus loin. Voir dans l'invisible, à travers l'espace et le temps."

 

 

Puis l'animateur à la voix si particulière enchainait : "Voir le jour qui se lève et voir le désastre. Comment cela s'appelle-t'il, demande la femme Narcès dans "Electre" de Jean Giraudoux, comment cela s'appelle-t'il quand le jour se lève comme aujourd'hui et que tout est gâché et saccagé ? Et que l'air pourtant se respire et qu'on a tout perdu et que la ville brûle dans un coin du jour qui se lève ?"

C'était parti pour une succession de textes tous plus forts et émouvants les uns que les autres : Malala Yousafza (incroyable discours de Malala , 17 ans, Prix Nobel de la Paix 2014), Nelson Mandela (Prix Nobel de la Paix 1993), Martin Luther-King (Prix Nobel de la Paix 1964), Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la Paix 2012), Kailash Satyarthi (Prix Nobel de la Paix 2014), ... Emission extraordinaire et bouleversante que je vous invite à écouter là :

 

 Les références des textes sont sur cette page : clic.

 

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Le lendemain dimanche, pour cause d'état d'urgence, toute marche comme celle du 11 janvier était interdite. Mais une page facebook s'était crée dans la semaine pour inviter quand même au rassemblement en hommage aux victimes des attentats terroristes, le dimanche soir devant l'hôtel de ville.

Nous apprenons plus tard que la jeune fille qui a organisé ce rassemblement a ... 17 ans ! Et qu'elle a perdu des amis dans ces horreurs.

 

Nous avons chanté une "Marseillaise" et une "Ballade nord-irlandaise" fort émouvantes. Les chorales de la régions étaient présentes.

 

"J'ai voulu planter un oranger
Là où la chanson n'en verra jamais
Là où les arbres n'ont jamais donné
Que des grenades dégoupillées

Jusqu'à Derry ma bien aimée
Sur mon bateau j'ai navigué
J'ai dit aux hommes qui se battaient
Je viens planter un oranger

Buvons un verre, allons pêcher
Pas une guerre ne pourra durer
Lorsque la bière et l'amitié
Et la musique nous ferons chanter

Tuez vos dieux à tout jamais
Sous aucune croix l'amour ne se plaît
Ce sont les hommes pas les curés
Qui font pousser les orangers

Je voulais planter un oranger
Là où la chanson n'en verra jamais
Il a fleuri et il a donné
Les fruits sucrés de la liberté"

 (paroles : Renaud /Musique : traditionnel celtique)

 

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500 personnes pour une ville de ... 55 000 habitants, une couronne urbaine de 105 000 habitants (d'après Wikipédia). Que faut-il en penser ? Cette jeune fille touchée de près était surprise que nous nous soyons autant déplacés. Pour ma part, ce rassemblement ne m'a pas du tout rassurée !  J'ai même imaginé par comparaison quels attroupements ça aurait été si un magasin de la ville avait à la même heure annoncé qu'il distribuait des bons d'achats de 50 euros .... Là visiblement, les habitants ont préféré leur petit confort du dimanche soir au chaud avec leur petite famille ! Pourtant l'horaire choisi avait été étudié pour ne pas perturber le programme dominical de chacun, la météo était clémente sauf pour les personnes fragiles craignant le froid... Je reste perplexe, pensant que tant que nous ne jouerons pas collectif, tout est perdu. Et quand on nous annonce encore une montée du Front National aux prochaines élections, ce dont rêve Daesh, je m'interroge. Que faut-il donc qu'il se passe pour que les gens se sentent concernés et se bougent ?